Lundi 6 juillet 2009
  Plongés dans l'ombre angoissante de la nuit, les habitants de la cité de dorment jamais guère plus que d'un oeil. Le droit, absorbé par un profond sommeil. Le gauche, rivé sur les biens précieux d'une vie dénuée de sens. Il surveille l'argent, véritable trésor pour les imbéciles qui lui accordent de l'estime et qui, bien souvent, considèrent l'art comme une perte de temps ou comme l'oeuvre incompréhensible d'un marginal illuminé qui, jamais, ne trouvera sa place dans leur monde. L'oeil gauche surveille bijoux et lingots d'or de peur qu'Il ne les dérobe. La peur de Los Pueblos, démon qui hante les ruelles noires de la cité et qui s'approprie, sous le nez et la moustache des hommes, leurs biens les plus précieux.

   Arb orant un large sourire, Los Pueblos avance à grandes enjambées, posant l'une après l'autre ses grandes bottes noires sur les pavés humides et crasseux. Fier, il aime la nuit pour la solitude qu'elle lui procure et pour la peur qu'elle inflige aux autres. Lui ne craint pas le monde nocturne, voilà bien longtemps qu'il l'a dompté. Une nuit de pleine Lune. Il y a des années, enfin il croit. Accompagné de ses douze chats à deux têtes, Los Pueblos cache ses yeux sous un large chapeau noir. Amateur de whisky, il boit et fume de fines cigarettes à la recherche de ses amours perdues.

   Los Pueblos se faufile dans les chambres des hommes qui surveillent de trop près leur or et négligent par la même occasion leur femme. Devant la fenêtre d'une maison, Los Pueblos tombe amoureux d'une fille, fine et brune, oubliée par l'homme qui partage son lit. Los Pueblos pénètre dans la chambre sous les yeux d'un mari aveuglé par l'amour de l'argent et ne s'apercevant pas de la présence du corps de l'étranger dans son propre lit, couché sur sa propre femme. Alors Los Pueblos viole la fille de ses rêves. Il la viole, la violente et la couvre de baisers. Les douze chats à deux têtes de Los Pueblos participent également à la scène et lèchent les nombreuses zones érogènes de la divine épouse qui se met à miauler de plaisir. Désormais, sous l'emprise de Los Pueblos, la femme ne peut plus s'arrêter. Possédée par un démon de vices et de plaisirs, elle ne cesse de miauler, malgré elle, sous les oreilles d'un mari rendu sourd par l'angoisse de perdre sa maigre fortune. La femme se mord les lèvres, puis mord le cou de Los Pueblos pour se faire taire, mais c'est trop tard. Lorsque Los Pueblos éjacule en elle, elle est transformée en une chatte à deux têtes, fine et élégante, brune et délicate, libre mais dévouée à jamais à son nouveau maître, cet homme mystérieux qui parcourt les cités à la recherche de ses amours perdues.

Sparrow and the Workshop - Devil Song (Sleight of Hand EP, 2009)


Photo Flickr. sosij
Par Le Nombriliste - Publié dans : Partie III - Nombriliser le Nombril
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  • : Journal d'un jeune homme de vingt ans qui ressemble étrangement à un trentenaire traversant une éternelle crise d'adolescence.

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